Le Conseil fédéral vit en permanence dans la crainte de devoir parapher l’Accord-cadre institutionnel avec l’Union européenne et davantage encore de devoir le présenter devant le peuple. La population suisse ne saurait jamais accepter d’être ainsi soumise à l’Union européenne. Toute l’année 2019 sera placée sous le signe de l’attente et du report de cette signature afin de repousser le verdict populaire aux calendes grecques. Toutes ces manœuvres ne peuvent toutefois nous faire oublier que la signature de l’Accord-cadre institutionnel signifierait de facto la fin de l’indépendance de la Suisse et la perte de toute liberté d’action.

Successeur de Christoph Blocher, je préside à partir du début janvier le comité UE-Non. Je m’engage pour que la Suisse entretienne de bonnes relations avec l’Union européenne sans pour autant adhérer à cette massive erreur de construction ni accepter d’y être institutionnellement liée. L’UE ne souhaite dorénavant plus traiter la Suisse comme un partenaire à respecter comme elle l’a pratiqué dans le cadre des accords bilatéraux. Son objectif est de l’absorber ou mieux de l’annexer. Nous devrions pratiquement reprendre de force le droit européen et nous soumettre aux décisions de la Cour européenne de Justice (CJUE). Le tribunal arbitral, si souvent célébré, ne serait ni indépendant, ni libre car, selon les dires du Conseil fédéral, en devoir d’appliquer les décisions prises par la CJUE. Cela est pour moi tout simplement inacceptable. L’intégration de la Suisse à l’UE serait en parfaite contradiction avec les piliers fondamentaux de notre Etat : indépendance, fédéralisme et démocratie directe. Nous deviendrions de simples exécutants des décisions prises à Bruxelles et accepter sans broncher les juges étrangers. 

 

Notre combat est plus nécessaire que jamais

Le comité UE-Non rend attentif depuis des années aux risques que comporte ce fameux lien institutionnel. Dès le début, il a paru évident que la reprise automatique du droit européen et l’allégeance aux décisions de la Cour de justice européenne conduiraient obligatoirement à la destruction de notre indépendance et de la démocratie directe. Notre combat a donc été plus qu’utile si l’on en juge par la peur qui s’est emparée du Conseil fédéral à la veille de la signature d’un accord aussi lourd de conséquences. Constatons qu’actuellement les syndicats et une partie du parti socialiste s’opposent à l’Accord-cadre. Ils ont juste ou enfin pris conscience qu’un droit étranger imposé par des juges étrangers ne peut que péjorer les salariés : pression sur les salaires, concurrence accrue sur le marché du travail, pertes d’emploi. En fait, nous ne nous trouvons tout simplement pas dans le cadre d’une opposition droite-gauche. 

 

Être ouvert au monde n’implique pas d’être politiquement soumis

Ce sont à l’heure actuelle essentiellement des associations économiques qui font pression pour que la Suisse cède au Diktat de l’Union européenne. Mon sentiment est que, passées les élections fédérales de cet automne, nous verrons malheureusement presque tous les partis tourner casaque et, foulant aux pieds leurs propres valeurs, leurs visions politiques et, se moquant de leurs propres adhérents, aller sans état d’âme célébrer le centralisme européen dès l’Accord-cadre institutionnel enfin signé. Nécessité fait loi. Il est aujourd’hui absolument primordial de nous engager avec courage, conviction et de toutes nos forces pour empêcher la conclusion de cet Accord de type colonial. La Suisse est redevable aux valeurs qui ont fait sa force, son équilibre, sa sécurité, son bien- être et sa prospérité économique. Ces valeurs sont la démocratie directe, notre attachement à la liberté, notre fédéralisme, notre pragmatisme et notre indépendance. Ce sont à ces valeurs que le comité UE-Non et moi-même sauront rester fidèles. Cette ferme volonté s’accompagne d’un plaidoyer pour une Suisse moderne, ouverte au monde, mais refusant de s’enferrer dans la bureaucratie de l’Union européenne. Soyons donc conséquents : refusons l’adhésion à l’Union européenne, n’acceptons pas l’Accord-cadre que l’UE veut nous imposer et rejetons toute forme de soumission institutionnelle de la Suisse dans l’UE.      

 

A propos de Roger Köppel

Roger Köppel (53) est rédacteur en chef et éditeur du magazine hebdomadaire « Die Weltwoche ». Il a étudié la philosophie politique, l’histoire de l’économie et l’Histoire à l’Université de Zurich. Au plan journalistique, il a travaillé durant deux ans en Allemagne dans la fonction de rédacteur en chef du magazine « Die Welt » à Berlin. Köppel représente l’UDC depuis 2015 au Conseil national. Il est détenteur du Prix Ludwig-Erhard pour la presse économique et du « LiberalAward » remis par les jeunes radicaux-libéraux du Canton de Zurich.

 

www.eu-no.ch

www.ue-non.ch

www.ue-no.ch

03.03.2019 | 1656 Aufrufe